En 2025, l’Epora a engagé l’élaboration de son Programme pluriannuel d’intervention 2026-2030. Il s’est appuyé sur les Agences d’urbanisme pour conduire une analyse territoriale renouvelée des enjeux fonciers sur son périmètre d’action et l’aider à définir sa stratégie et ses priorités d’intervention pour les 5 ans à venir. L’ambition générale sous-tendue à travers ce nouveau PPI est de positionner les capacités d’intervention de l’EPORA sur les territoires et les opérations aux impacts les plus forts en matière de lutte contre l’étalement urbain et l’artificialisation des sols dans une région présentant un des plus hauts niveaux d’artificialisation des sols en France. Cette stratégie vise notamment à agir à la source de la croissance continue des besoins fonciers, en prenant en compte les effets des grandes mutations territoriales (vieillissement, desserrement des ménages, attractivité « métropolocentrée », impacts des grands projets énergétiques et de mobilité), ainsi que ceux du changement climatique. En outre, ce programme vise à constituer une offre foncière adressée à la production de logements et à l’accueil d’entreprises ayant nécessité peu de consommation de ressources naturelles et ayant émis peu de déchets. Dans ce but, elle repose sur des interventions dans l’espace urbain et favorisant des modes de requalification de la ville misant sur la réutilisation de l’existant préférentiellement. L’offre foncière de l’EPORA est aussi adressée aux projets urbains tirant le meilleur parti des potentialités offertes par les fonciers mobilisés tant en matière de surface de plancher produite que de réponses aux besoins des publics visés. Elle invite ainsi l’ensemble de ses partenaires à faire le pari d’une sobriété foncière qui, loin d’être perçue comme une contrainte, devient concrètement créatrice de valeur.
Le territoire d’intervention de l’EPORA présenteune grande diversité de confi gurations urbaines.L’armature urbaine s’articule autour de trois pôlesmétropolitains majeurs – Lyon, Saint-Étienne etValence – concentrant les services et les activitéset se différenciant par des dynamiques trèscontrastées. Ces pôles métropolitains sontrelayés par un réseau de centres urbains intermédiairesdont les villes centres agissent pourpréserver une attractivité qui s’est érodée depuis20 ans. À leurs abords, des espaces périurbainsse développent du fait de reports résidentielsgénérés par des causes toutes aussi diff érentes,et du fait d’aménagements économiques et commerciauxsuscités par les espaces disponibles.Enfi n, l’établissement intervient également dansles territoires ruraux, où les zones urbaniséessont plus limitées et où la densité de populationdemeure faible.
Entre 2013 et 2023, près de 202 km2 de surfacesnaturelles, agricoles et forestières ont été transforméspour des usages anthropiques, soit unemoyenne annuelle de 20 km2, l’équivalent dela superfi cie de la ville de Chambéry chaqueannée. La consommation d’espace est principalementportée par le développement de l’habitat,qui concentre 65 % des surfaces artifi cialiséesà l’échelle régionale, soit une partlégèrement supérieure à la moyenne de laFrance métropolitaine (63 %). Les activités économiquesconstituent le deuxième facteur deconsommation foncière, représentant 22 % dessurfaces artifi cialisées, un niveau comparableà celui observé à l’échelle nationale (23 %). Enfi n,la construction d’infrastructures, essentiellementroutières et ferroviaires, intervient pour7 %, une part identique à celle constatée àl’échelle du pays.Cette dynamique d’artifi cialisation du sol s’esttraduite par une expansion progressive de latache urbaine 1, observée à trois périodes clés :2013, 2018 et 2023. Ces données illustrent unetendance soutenue à l’étalement urbain, quiappelle une réfl exion approfondie sur les enjeuxd’aménagement et de sobriété foncière.
La consommation foncière et l’étalement urbainsont fortement conditionnés par les caractéristiquesgéographiques des territoires. Lescontraintes naturelles, telles que la topographieou la présence de cours d’eau, limitent l’urbanisationdans certains secteurs, notamment dansles Monts d’Ardèche, le Diois, le Pilat, les montsdu Forez ou la vallée d’Azergues. À l’inverse,d’autres territoires peu contraints par leur environnementphysique connaissent une consommationfoncière particulièrement élevée. C’estle cas de la Plaine de l’Est lyonnais, en lien directavec la proximité de la Métropole de Lyon, ainsique d’une partie des Balcons du Dauphiné et dela communauté d’agglomérations Porte de l’Isère,qui constitue le secteur le plus consommateurdu périmètre étudié. Les régions de Valence etde Montélimar ainsi que la plaine du Forez présententégalement des niveaux élevés de consommationfoncière.